Politique 5 septembre 2014

Vives réactions aux compressions du fédéral

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L’Union des producteurs agricoles (UPA) dénonce l’« incohérence » des récentes compressions fédérales dans le soutien au revenu des agriculteurs.

Le nouveau cadre stratégique agricole canadien, qui a fait l’objet d’une entente entre les gouvernements provinciaux et le fédéral, le 14 septembre à Whitehorse, prévoit une diminution importante du soutien obtenu par les programmes Agri-stabilité et Agri-investissement.

Dans le premier cas, le soutien se déclenchera seulement après 30 % de baisse par rapport à la marge historique des revenus plutôt que les 15 % actuels. Selon l’UPA, cette mesure aura pour effet de diminuer de 30 % à 50 % les paiements aux producteurs. Pour le second de ces programmes, le pourcentage de contribution fédérale a été abaissé de 1,5 % à 1 % des ventes nettes admissibles et le montant maximal de l’intervention d’Ottawa sera également moins élevé.

« Il se peut que le crédit soit plus difficile à obtenir », estime Marcel Groleau, président de l’UPA, interrogé au sujet du nouveau cadre stratégique Cultivons l’avenir 2 (2013-2018). Cette contrainte de financement risque par la suite de diminuer le nombre de projets qui pourront aller de l’avant. Si les banquiers deviennent plus frileux, cela risque d’aller à l’encontre du développement de l’agriculture. « Dans le secteur des viandes, cette décision va amener des producteurs à prendre la décision d’arrêter ou de se réorienter », ajoute M. Groleau.

La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) abonde dans le même sens et estime que les changements annoncés vont entraîner la nécessité de plus de paiements ponctuels de soutien.  « Les programmes ne répondront plus à leur objectif, qui est d’assurer la stabilité économique de l’industrie », a déclaré Ron Bonnett, président de la FCA, qui fait part de la « frustration » des producteurs qui avaient proposé d’autres solutions qui permettaient de faire des économies, mais en conservant une plus grande robustesse de l’industrie.

La FCA a par ailleurs salué l’augmentation de 50 % des mesures visant l’innovation, la compétitivité et l’ouverture des marchés. L’UPA souligne de son côté que le Québec devrait recevoir environ 11 M$ des 80 M$ supplémentaires dans ce secteur, ce qui limite la portée d’éventuelles nouvelles mesures.