Politique 3 septembre 2014

Le Farm Bill à nouveau sur les rails

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Aux États-Unis, les leaders agricoles de la Chambre des représentants et du Sénat ont finalement convenu d’une version commune du Farm Bill, durant la soirée d’hier, après d’intenses tractations.

L’Agricultural Act of 2014 met fin aux paiements directs aux agriculteurs, majore les sommes allouées à l’assurance récolte, renforce les mesures visant à protéger le sol et l’eau pour les générations futures et réduit l’aide alimentaire aux Américains pauvres de 9 G$ sur 10 ans. À première vue, les modifications apportées au Farm Bill précédent adopté en 2008 devraient se traduire par des économies de l’ordre de 24 G$ sur une décennie pour le Trésor américain. Il n’en reste pas moins que le coût de cette pièce maîtresse de la politique agricole américaine pourrait friser un trillion de dollars sur 10 ans.

Cette dernière version devrait être mise au vote à la Chambre des représentants dès le 31 janvier, alors que le Sénat se prononcerait vers la mi-février.

L’Agricultural Act of 2014, d’une durée de cinq ans, maintient le programme COOL (étiquetage obligatoire du pays d’origine), pourtant vertement dénoncé par des acteurs majeurs de l’industrie de la viande au Canada et aux États-Unis. Le gouvernement canadien conteste d’ailleurs ce programme devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le différend entre le Canada et les États-Unis sera entendu à Genève les 18 et 19 février prochains.

De leur côté, les producteurs de lait américains n’ont pas obtenu l’encadrement recherché en vertu du Dairy Security Act qui faisait trop référence à la gestion de l’offre. Ils militaient en effet en faveur d’une assurance volontaire afin de protéger leur marge bénéficiaire lorsque le coût de l’alimentation explose, assortie d’une réduction de la production quand les prix à la ferme s’effondrent. La National Milk Producers Federation, qui a défendu bec et ongles le Dairy Security Act, note toutefois que le programme retenu aidera les producteurs à faire face à la volatilité des prix du lait et des coûts d’alimentation, et qu’il fournira des signaux appropriés afin de mieux ajuster l’offre et la demande.

La National Farmers Union (NFU) a salué l’entente qui comporte des fonds d’environ 4 G$ pour soutenir les éleveurs en cas de catastrophe. Ce syndicat se réjouit aussi du fait qu’elle a maintenu intégralement le programme COOL.