Élevage 29 août 2014

Crise du porc : La Coop fédérée s’inquiète

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Le chef de la direction de La Coop fédérée, Claude Lafleur, est inquiet du sort des producteurs de porc.

« C’est grave », a-t-il prévenu, jeudi, dans une entrevue à la Terre. Il s’attend même à un automne angoissant pour les producteurs aux prises avec des problèmes de liquidité causés par l’explosion des prix du grain.

La tonne de maïs coûte jusqu’à 350 $ actuellement, conséquence directe de la sécheresse, aux États-Unis, qui a fait exploser les prix au cours des dernières semaines.

De nombreux producteurs qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts peinent à assumer cette facture salée pour nourrir leurs bêtes.

« C’est triste puisqu’avant la sécheresse (dans la Corn Belt), l’industrie du porc commençait à se relever, après cinq années de misère. On voyait de la lumière au bout du tunnel », dit-il.

Or, depuis un mois, les producteurs se retrouvent de nouveaux piégés, au point où la Fédération des producteurs de porcs du Québec a réclamé l’aide, de toute urgence, de la Financière agricole du Québec.

« La Financière a répondu. Elle a les outils. Il faudra toutefois qu’elle intervienne vite », précise le dirigeant de La Coop fédérée. Il fait toutefois remarquer que le programme d’assurance de stabilisation des revenus agricoles (ASRA) « demeure une assurance et qu’à force de faire des accidents (des réclamations), la prime risque d’augmenter ».

Une baisse d’activités

À La Coop fédérée, Claude Lafleur dit surveiller la situation de près. « On peut déjà parler d’une diminution du nombre de porcs produits au Québec. Les effets sont ressentis par les fournisseurs et ceux qui font de la moulée. Il y a 20 000 emplois dans cette industrie. C’est une catastrophe chaque fois qu’on perd un producteur », insiste-t-il.

Il tient néanmoins à rassurer les éleveurs. « On ne veut pas sortir du porc. On est là pour rester, et ce, même si les rendements ne sont pas là. On est une coopérative. On maintient nos usines en exploitation, on continue d’abattre les porcs, mais on perd de l’argent », explique-t-il.

Dans ce climat tendu, Claude Lafleur dit prendre la part des producteurs, qui se retrouvent « squeezés » dans une structure de coûts où ils sont perdants. « Ils perdent de 30 à 50 $ pour chaque porc qu’ils envoient se faire abattre. Comment peuvent-ils survivre là-dedans? ».

Il souhaiterait qu’une politique agricole au Québec, faisant appel à la conscience citoyenne et à une forme de solidarité, soutienne davantage les producteurs en difficultés. Mais dans la vraie vie, quand un producteur est pris à la gorge, l’économie de marché se charge de l’évacuer. « Ce n’est pas la meilleure attitude à adopter », conclut-il.