Élevage 29 août 2014

Claude Lafleur : « On va se battre avec l’UPA pour la gestion de l’offre »

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Le chef de la direction de La Coop fédérée veut préserver ce système, qui assure aux agriculteurs des revenus décents.

« On va se battre à mort avec l’UPA sur cet enjeu fondamental », annonce-t-il dans une entrevue à la Terre. Il ajoute : « On sera avec eux (l’UPA) pour mener le combat et pour les appuyer. Ce sont nos frères historiques depuis 90 ans. Jamais nous n’allons les abandonner. On l’a dit et on va le répéter ».

Le ton est ferme et la position tranchée. Claude Lafleur n’en démord pas : si on veut préserver le métier d’agriculteur et stimuler la production locale, il faut aussi protéger nos frontières et repousser toute tentative de mainmise sur nos productions.

Il pense immédiatement à nos voisins américains. « Ce n’est pas vrai qu’on va (leur) laisser notre industrie laitière canadienne, donne-t-il en exemple. Pour eux, le Canada, c’est simplement 10 % de leur marché. Mais pour nous, c’est la survie de nos producteurs. On ne doit pas laisser faire ça ».

Marchés ouverts

Claude Lafleur veut également détruire ce qu’il appelle « le mythe de la gestion de l’offre ». Il fait valoir que le Canada n’est pas le seul pays sur la planète à disposer de telles mesures pour ses productions. « Il est faux de prétendre que les marchés sont totalement ouverts. C’est une vue de l’esprit », résume-t-il.

Le chef de la direction est plutôt partisan d’un système économique qui favorise des échanges commerciaux de « façon coordonnée », sans bouleverser le fragile équilibre dans le monde agricole. La gestion de l’offre en place depuis 40 ans au pays permet cet équilibre dans la production laitière, la volaille et les œufs.

Les promesses de Stephen Harper

Craint-il justement que les fondations de la gestion de l’offre sont de plus en plus fragilisées? Surveille-t-il d’un œil inquiet les négociations en vue de l’accord entre l’Union européenne et le Canada?

« Pierre-Marc Johnson dit qu’il n’y a pas de danger. C’est lui le négociateur pour le Québec », répond-t-il sans élaborer davantage.

Il craint davantage les dommages collatéraux du Partenariat Transpacifique, un marché de plus d’un demi-milliard de personnes, pour un PIB total de de plus de 17 000 milliards de dollars, au sein duquel s’est invité le premier ministre conservateur Stephen Harper. Il sait pertinemment que les pressions pour faire tomber le système de la gestion de l’offre sont bien présentes. « On craint la position de la Nouvelle-Zélande sur cette question », relève-t-il.

Claude Lafleur n’en est pas à sa première intervention dans ce dossier. Il veut bien croire que le premier ministre Harper tient des propos « rassurants » sur la gestion de l’offre. Mais il répète qu’il n’y a « aucune ouverture à faire »…

Le chef de la direction a promis de « parler des vraies affaires » lors du 5e congrès mondial des agronomes en septembre. Il souhaite qu’on s’intéresse davantage à l’agriculture et à ceux qui en vivent. Le ton est donné.