Actualités 28 août 2014

De l’Asie à Notre-Dame-de-Lourdes

a2e80286222ccda17ff6e5c5df33f8e9

Radis chinois et coréens, choux nappas, aubergines chinoises… Les Produits Mont-Blanc se démarquent de la concurrence grâce à une culture tout à fait particulière : les légumes asiatiques.

En 2003, Yohan Perreault commençait tout juste sa carrière de producteur maraîcher, dans une ferme à Saint-Thomas. Il était alors loin de se douter qu’il achèterait finalement une terre quelques kilomètres plus loin, à Notre-Dame-de-Lourdes, pour y produire des légumes asiatiques.

L’aventure a débuté à l’hiver 2007 lorsque le jeune agriculteur a fait la rencontre d’un grossiste coréen. Au printemps suivant, les premiers semis étaient déjà plantés à Notre-Dame-de-Lourdes. Avec son amie et agronome Julie Nichols, Yohan Perreault a alors mis sur pied Organzo. L’enterprise assure une production uniforme et facilite la mise en marché de ces produits inusités.

Aujourd’hui, le jeune homme cultive 300 acres de légumes, en plus de 3 serres d’aubergines chinoises. « Je fais en moyenne 800 boîtes à l’acre, estime-t-il. Ça représente un peu plus de 200 camions de livraison par année. »

Destination? Environ 98 % de la production voyage jusque chez nos voisins du Sud. « On a développé ce marché avec le temps, par essais et erreurs », note-t-il. Selon lui, il est important de parler avec les clients afin de bien cerner leurs demandes. « Parfois, il suffit de couper les légumes de telle ou telle façon pour leur faire plaisir. C’est comme ça qu’on s’est démarqués de nos compétiteurs et qu’on a pu prendre notre place sur le marché », poursuit-il.

De fil en aiguille, Yohan Perreault et Julie Nichols ont inclus plusieurs producteurs à leur projet, de l’île d’Orléans jusqu’à Sorel en passant par Saint-Jacques-de-Montcalm. Tous ces producteurs sont contraints aux mêmes normes de coupe d’Organzo, afin d’offrir des produits standardisés.

Nouvelles difficultés

Les légumes asiatiques sont plus sensibles aux insectes et aux maladies que les produits comme le brocoli ou le chou-fleur. Cela nécessite une gestion particulière des champs. « Si tu as un sol trop argileux, tes légumes sont toujours sales et ça devient un problème, illustre Yohan Perreault. Ici, j’ai la chance d’être sur le sable. Ça prend plus d’irrigation, mais les légumes sont propres. »

La culture de ces produits requiert aussi un sol qui ne devient pas trop chaud, puisque les crucifères n’aiment pas la chaleur. L’été a d’ailleurs été difficile, les légumes n’ayant pas du tout apprécié la sécheresse. L’entreprise accusait plus de 50 % de pertes au moment de mettre sous presse. « Mais ça, ça fait partie de la game… » reconnaît le jeune producteur, qui espère que la pluie des dernières semaines pourra sauver ses prochaines récoltes.

Face aux défis particuliers que pose la culture de légumes asiatiques, le néophyte n’a produit qu’une dizaine de camions de radis lors de son premier essai, en 2007. Il a également perdu tous ses choux nappas. « On a eu des bouts très tough, mais on a réussi, s’enthousiasme-t-il humblement. Jusqu’à maintenant, je ne suis pas trop déçu! »